« LE PIC DU PETROLE SERA ABRUPT ET REVOLUTIONNAIRE ….
Par Michel Lebrun, mercredi 23 janvier 2008 à 16:14 :: Activités à la Région wallonne et à la Communauté française :: #93 :: rss
LA PERTE ECONOMIQUE POUR LES ETATS-UNIS POURRAIT ETRE MESUREE SUR UNE ECHELLE EN MILLIERS DE MILLIARDS DE DOLLARS » ET EN BELGIQUE, b … ?
Le Parlement Wallon et en particulier sa Commission de l’Aménagement du Territoire et de l’Energie a décidé, à l’initiative du député Michel Lebrun, de se pencher sur un problème qui représente un enjeu majeur de nos modes de vie contemporains : les Pics de production de pétrole et de gaz. Il s’agit en fait du moment où la production de ces énergies atteint son maximum, son pic, et qu’elle commence à diminuer jusqu’à atteindre le point critique d’une production nulle. Ces pics de production semblent aujourd’hui très proches, sinon dépassés. Parallèlement à ces maxima de production (l’offre), la demande en matière d’énergie augmente de manière très rapide. Ces écarts entre l’offre et la demande seront bien entendu à l’origine d’un déséquilibre croissant dont les répercussions se feront sentir dans de très nombreux secteurs d’activités: transport, chauffage, industrie, agriculture etc. La pénurie de pétrole et de gaz aura des répercussions sur les modes de vie de toute la population de la planète et les chercheurs estiment à 20 ans le temps nécessaire pour que nos sociétés se préparent si elles veulent éviter des pénuries de carburants et des conséquences économiques désastreuses.
En réalité il faut, dès à présent, admettre que les répercussions toucheront tous les secteurs d’activité et toutes les couches sociales. Il suffit pour s’en convaincre de regarder les objets communs qui nous entourent (ex. peintures, isolants, textiles, revêtements divers, engrais…) et constater, que le pétrole ou le gaz ont joué un rôle à un stade ou l’autre de leur production.
La dépendance actuelle qui est la nôtre vis-à-vis de ces ressources énergétiques spécifiques pourrait entraîner, en cas de pénurie, des conséquences dramatiques : crise économique, compétition accrue, instabilité géopolitique, baisse du niveau de vie…
Aujourd’hui quelques pays ont, au niveau politique, envisagé cet après-pétrole/gaz :
• La SUEDE a mis en place une « Commission pour l’indépendance pétrolière » afin de faire du pays une Société Libre de Pétrole.
• Les ETATS-UNIS ont formé, à partir de la Chambre des Représentants, un Comité « Pic de pétrole » et plusieurs villes ont formé des groupes d’étude pour répondre à la problématique.
• La NOUVELLE-ZELANDE par la voix de son Premier Ministre, dès avril 2006, a pris conscience que le PIC de pétrole approchait, voire était atteint et a constitué une Commission pour prendre les mesures adéquates pour y faire face : « Le Pic de pétrole fonce sur nous » déclare un responsable politique néo-zélandais.
• L’AUSTRALIE qui a atteint son « PIC » en 2000 a mis sur pied un Comité et son Ministre de la Planification et de l’Infrastructure (Western Australia) déclara en 2006 que « faire les changements nécessaires requiert du courage, de la créativité et de la persévérance. Cela va être dur.
Mais une chose est sûre : se préparer trop tôt ne coûtera rien en comparaison de ce qu’il nous en coûtera si nous ne sommes pas prêts dans les temps ».
• En BELGIQUE, selon le Professeur Brocorens « à sa connaissance, aucun politicien ne s’est exprimé sur le Pic du pétrole, et il est probable que ceux qui se soient intéressés au sujet se comptent sur les doigts d’une main ».
Face au déclin annoncé du pétrole et du gaz, les Parlementaires wallons ont décidé de réagir et de prendre une part active dans l’élaboration d’un plan d’action. Pour agir efficacement, il s’agit tout d’abord de disposer d’une information complète et la plus impartiale possible.
C’est dans ce contexte que la Commission Energie, en collaboration avec la Commission Economie et la Commission Environnement, va entamer un cycle d’auditions d’experts venus d’horizon différents au cours des prochains mois. Le premier intervenant à être entendu, le 25 janvier prochain dès 10h, sera Monsieur Patrick Brocorens de l’Université de Mons-Hainaut, auteur d’une étude fouillée sur le sujet.
Avec lui, les Parlementaires découvriront la réalité des Pics de pétrole et de gaz, les enjeux du déclin, les facteurs à prendre en considération pour évaluer celui-ci, les enseignements à tirer des crises déjà vécues, les réactions politiques dans le monde, les alternatives existantes et ENVISAGERONT LES ALTERNATIVES AFIN DE FAIRE FACE A CE PROBLEME QUI POURRAIT AVOIR DES CONSEQUENCES DRAMATIQUES POUR NOS SOCIETES.
Les Commissions poursuivront leurs travaux avec une série d’autres intervenants (Spécialistes des Compagnies Pétrolières, Journalistes étrangers, parlementaires d’autres pays qui ont déjà organisé ce type de réflexion, membres de la Commission Européenne…)
S’il n’existe a priori pas de solution miracle, la meilleure des solutions passera sans aucun doute par une combinaison de démarches, une convergence des actions : énergies alternatives, économies d’énergie, adaptation des modes de vie.
La question de savoir comment gérer l’après-pétrole nécessite une réflexion qui ne peut plus attendre et des politiques régionales - mais aussi nationales et mondiales – adaptées.
Le travail du Parlement Wallon devrait permettre de déboucher sur des recommandations pratiques à mettre en œuvre au sein des divers gouvernements et assemblées de notre pays.

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